Capacité de traitement des films agricoles en Wallonie

En 2002 déjà, la Wallonie a envisagé l'introduction de la responsabilité élargie du producteur (REP) pour les films agricoles. Cette solution a finalement été abandonnée, le coût du recyclage étant nettement supérieur à celui de la production de nouveaux films agricoles.
En 2017, la seule usine belge de recyclage de films agricoles, Soréplastic, à Tenneville, a fait faillite et la vente et le traitement de ces films sont devenus plus problématiques. En outre, avec la fermeture des frontières chinoises pour l'importation de déchets plastiques, l'offre de films plastiques sur le marché européen est devenue si importante qu'il est devenu impossible de trouver encore des transformateurs qui accepteraient ces films gratuitement.
En Wallonie, les films agricoles sont actuellement principalement collectés via les intercommunales. Cependant, celles-ci ne parviennent plus à couvrir leurs coûts et doivent être subventionnées par la Région wallonne. Comme cette subvention ne suffit plus et qu'il est également inexplicable que la collecte d'un flux de déchets commerciaux soit financée par l'argent du contribuable, le ministre wallon de l'Environnement, Céline Tellier, a mis en place en 2020 un groupe de travail chargé d'élaborer un nouveau scénario pour la collecte et le traitement de ces films.
Ce groupe, auquel Denuo participe, est composé de représentants des cabinets concernés (environnement et agriculture), de l'administration publique wallonne, des fédérations agricoles (FWA et FUGEA), d'Agrirecover, des intercommunales wallonnes et de Recydata, entreprise spécialisée dans la mise en place de systèmes de REP.
La semaine dernière, ce groupe de travail s'est réuni et a discuté du rachat de l'ancienne société Soréplastic par le groupe espagnol Sogapol. Sogapol possède déjà une expertise dans le traitement des films agricoles et sera opérationnel en mars de cette année. L'intention de Sogapol est d'installer deux lignes d'une capacité individuelle de 14 000 tonnes et de traiter dans un premier temps le stock restant de Soréplastic, soit 12 000 tonnes.
La fraction de déchets résiduels dans les films agricoles étant très importante (+/- 50%), il n'est pas facile d'être rentable. C'est pourquoi Sogapol combinera le traitement de ces films avec celui d'autres déchets en fin de vie et de déchets post-industriels.
Durant cette réunion, Recydata a également expliqué brièvement l'avancement de son projet AGRIFILM, un système REP volontaire que Recydata va mettre en place en coopération avec la fédération européenne des fabricants de films agricoles, APE (Agriculture Plastics), qui souhaite augmenter le pourcentage de recyclage de leurs produits. Cette fédération représente 95 % de tous les fabricants de films agricoles. Le fait qu'ils supportent un système REP est donc un atout important. Des exemples de systèmes volontaires et légaux pour cette fraction de déchets existent déjà à l'étranger (France, Allemagne et Irlande).
L'administration wallonne a manifesté son intention de prendre l'initiative de mettre en place un régime de retour légal pour ces films agricoles. Toutefois, l'intention de Recydata et de l'APE est d’élaborer un système volontaire de REP en Belgique. Si ce système volontaire ne fonctionne pas, ils proposeront d'inclure la collecte et le traitement de ces films dans un cadre juridique.
Recydata souhaite maintenant réaliser une étude afin de recenser tous les paramètres nécessaires à la conception du système REP. Il n'était pas encore possible de prévoir un calendrier précis pour la mise en œuvre du système.
Il convient toutefois de noter la demande de l'administration wallonne à Recydata de discuter de la collecte de ces bâches agricoles avec les Intercommunales. La réponse du Denuo est que, comme il s'agit d'un flux de déchets commerciaux, cela n'a pas de sens puisque cela ressort des compétences du secteur privé. Denuo est en contact régulier avec Recydata et suit de près le déploiement de ce système de REP.