Carte blanche : qui assume la responsabilité en cas d’incendies de batteries ?
Malheureusement, des batteries au lithium mal triées — souvent oubliées dans une brosse à dents ou un jouet usagé, et parfois volontairement cachées parmi des métaux, du papier, des textiles ou des déchets résiduels — obligent de plus en plus souvent les pompiers à intervenir. La production des entreprises de gestion des déchets et de recyclage s'arrête, et les dégâts humains et matériels retombent sur une entreprise qui n'a jamais mis cette batterie sur le marché.
C'est la réalité vécue chaque jour par les milliers de personnes et d'entreprises qui travaillent dans les entreprises privées de gestion des déchets et de recyclage que Denuo représente. La semaine dernière, un incendie s’est déclaré dans des déchets de papier et de carton au Limbourg, puis dans des déchets mixtes en Brabant flamand, et aujourd’hui, c’était le tour des déchets d’équipements électriques et électroniques en Flandre occidentale. Autant de symptômes d'un même problème : celui qui trie ou met une batterie sur le marché de manière incorrecte n'en porte guère la responsabilité. Celui qui doit ensuite la collecter, la trier et la traiter, se retrouve seul face au risque, au coût et à l'atteinte à la réputation qui en découlent.
Et le problème s'aggrave rapidement, ailleurs aussi en Europe. En France, le nombre d'incendies dans les centres de traitement des déchets causés par des batteries au lithium a doublé entre 2019 et 2023. En Allemagne, jusqu'à 80 % des incendies quotidiens dans les véhicules et installations de collecte de déchets sont attribués aux batteries au lithium. Au Royaume-Uni, le nombre d'incendies liés aux batteries a augmenté de 71 % en 2023, pour atteindre plus de 1 200 incidents. Et à peine 46 % des batteries mises sur le marché en Europe sont aujourd'hui correctement collectées pour être recyclées — bien en deçà des objectifs européens pour les batteries portables, fixés à 63 % en 2027 et 73 % en 2030.
Ceci n'est pas une plainte. C'est un appel à une responsabilité partagée : la responsabilité ne s'arrête pas à la caisse, elle ne s'arrête qu'une fois la batterie recyclée en toute sécurité.
À Bebat et Recupel : notre secteur demande un renforcement de vos systèmes existants, même si ceux-ci comptent déjà parmi les meilleurs d'Europe. Une contribution supplémentaire par batterie mise sur le marché, destinée à un fonds pour la prévention des incendies, les technologies de détection et la recherche, n'est pas une demande excessive, mais une application correcte du principe selon lequel le producteur est responsable de son produit jusqu'à la fin de son cycle de vie. Un système de reprise intelligent pour les batteries au lithium portables donnerait en outre aux citoyens une raison directe et compréhensible de trier leurs batteries séparément, plutôt que de les jeter avec d'autres flux de déchets.
Aux autorités régionales et fédérales : veillez à faire respecter l’obligation que les batteries intégrées aux produits soient amovibles, comme le prescrit le règlement européen sur les batteries. Imposez un marquage clair, afin que plus personne ne jette une batterie par erreur dans le mauvais flux de déchets. Plaidez au niveau européen pour une interdiction des produits à usage unique contenant des batteries, qui n'existent que parce que personne n'assume les conséquences de leur mise au rebut. Et investissez, avec le secteur, dans des données solides sur l'origine et les circonstances de ces incendies. Car ce qu’on ne mesure pas, on ne peut pas le résoudre.
Au citoyen : réfléchissez à deux fois avant de trier un produit usagé. Pouvez-vous facilement retirer vous-même la batterie ? Alors elle a sa place dans le conteneur Bebat. Ce n'est pas possible ? Apportez alors votre appareil usagé à un point de collecte Recupel.
Nos membres ne sont pas à l'origine de ce problème. Ils en sont pourtant chaque jour les victimes, et ils sont prêts à investir eux aussi dans des solutions. Mais ils ne peuvent plus le faire seuls. L'économie circulaire que nous souhaitons tous ne pourra se concrétiser que si celui qui vend et celui qui achète une batterie sont également disposés à en assumer la responsabilité jusqu'à ce qu’elle soit recyclée en toute sécurité.
Denuo dans la presse
En tant que fédération patronale du secteur privé de la gestion des déchets et du recyclage, nous nous efforçons également d’attirer l’attention sur cette problématique par le biais de la presse. Nous sommes donc reconnaissants que les médias cités ci-dessous aient relayé notre message :