Davantage de matériaux recyclés dans les emballages ?

Nos pays voisins montrent que c’est possible grâce à l’éco-modulation
À partir de 2030, l’Europe imposera une teneur minimale en matériaux recyclés dans les emballages en plastique avec des seuils encore plus stricts à l’horizon 2040. L’ambition est claire mais le marché évolue dans la mauvaise direction : les matières recyclées restent plus chères et la demande demeure faible. Selon Denuo, tous les ingrédients sont réunis pour créer une « tempête parfaite ».
Cette perspective préoccupante s’explique par la tension entre les futures obligations européennes et un marché qui n’offre aujourd’hui pas suffisamment de garanties : les faibles prix des matières vierges, les coûts opérationnels élevés, les flux d’importation bon marché et difficilement traçables ainsi que la faible demande en matériaux recyclés, freinent systématiquement l’utilisation de matières recyclées post-consommation (PCR).
L’éco-modulation corrige ce que le marché ne résout pas aujourd’hui
Pour corriger cette défaillance du marché, Denuo met en avant l’éco-modulation. En associant des incitants financiers à la proportion de matériaux recyclés dans les emballages, l’éco-modulation neutralise l’avantage de prix des matières premières fossiles et crée une demande structurelle pour les matières recyclées. Elle crée également un contexte dans lequel il devient intéressant pour les entreprises d’investir dans les capacités de recyclage supplémentaires nécessaires.
<p>En associant des incitants financiers à la proportion de matériaux recyclés dans les emballages, l’éco-modulation neutralise l’avantage de prix des matières premières fossiles et crée une demande structurelle pour les matières recyclées.</p>
Les exemples étrangers prouvent que c’est réalisable
Nos pays voisins démontrent que ces systèmes fonctionnent. En France, Citéo prévoit, à partir de 2026, une réduction fixe par tonne de PCR utilisée, tandis qu’aux Pays-Bas, Verpact accorde des réductions aux emballages qui dépassent certains seuils de PCR. Denuo ne souhaite pas réinventer la roue mais s’appuyer autant que possible sur ces modèles européens existants et déjà éprouvés sur le plan opérationnel afin d’éviter une complexité administrative inutile.
Un système praticable avec un ancrage européen
Denuo plaide pour un système qui crée une sécurité d’investissement, limite la charge administrative et récompense exclusivement les matières recyclées traitées au sein de la chaîne de valeur européenne, afin de renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe. Un principe de proximité ainsi qu’un ajustement annuel basé sur des indicateurs de marché garantissent la pérennité de cet instrument. Pour Denuo, l’éco-modulation n’est donc pas une option politique complémentaire mais une condition fondamentale pour permettre le développement, dans les délais et de manière économiquement viable, d’une économie circulaire du plastique à grande échelle.