Denuo demande au gouvernement wallon un traitement équitable pour toutes les entreprises actives dans la récupération textile

18 juillet 2025, Bruxelles – Denuo, la fédération belge du secteur des déchets et du recyclage, s’inquiète des nouvelles mesures de soutien adoptées par le gouvernement wallon pour le secteur de la récupération textile. Une indemnité supplémentaire de tri de 151 € par tonne est exclusivement octroyée aux entreprises de l’économie sociale. De plus, une exemption de la taxe sur l’incinération s’applique simultanément aux textiles non triés et ce exclusivement pour les entreprises de l’économie sociale. Cette combinaison crée un déséquilibre sur le marché et augmente le risque que des vêtements parfaitement réutilisables ou recyclables soient désormais directement incinérés.
Les entreprises privées sont mises injustement de côté
En limitant ce soutien aux seuls acteurs de l’économie sociale, les entreprises privées sont exclues, alors qu’elles traitent aujourd’hui d’importants volumes de textiles étrangers faute d’offre locale suffisante. De plus, une grande quantité de textiles non triés provenant de l’économie sociale flamande atterrit en Wallonie. « Ces mesures partent d’une bonne intention, mais elles cassent la viabilité économique des entreprises privées de tri des textiles et vont à l’encontre des principes de concurrence loyale », déclare Aarnout Ecker, Directeur général chez Denuo.
Trois propositions pour une politique textile équitable et circulaire
Denuo appelle le gouvernement wallon à ajuster sa politique. Concrètement, la fédération sectorielle demande :
L’ouverture de l’indemnité de tri à toutes les entreprises agréées qui traitent des déchets textiles wallons, afin d’éviter le tourisme de déchets depuis d’autres régions ou pays.
La suppression de l’exemption de la taxe sur l’incinération, ou à tout le moins son élargissement à toutes les entreprises qui collectent et trient les textiles en vue de leur réutilisation ou recyclage.
L’accélération de la mise en œuvre de la responsabilité élargie des producteurs pour les textiles, via Retexbel, d’ici au 1er janvier 2027 au plus tard.
« Nous sommes en contact avec le cabinet du ministre Coppieters et apprécions leur volonté de dialoguer sur ces mesures », poursuit Ecker. « Tous les instruments nécessaires à un modèle textile circulaire sont disponibles. C’est maintenant aux régions de les activer ensemble pour faire réellement avancer les choses. »