Groupe de travail wallon sur les films agricoles : les discussions en cours

Actuellement, tant en Wallonie qu'en Flandre, les films agricoles sont principalement collectés via les intercommunales de gestion des déchets. Cependant, ces intercommunales ne sont plus en mesure de couvrir leurs frais car il est devenu impossible de trouver des transformateurs qui accepteraient ces films gratuitement maintenant que l'offre de films plastiques sur le marché européen est très importante.
La Région wallonne subventionne donc les intercommunales wallonnes pour la collecte de ces films. Comme cette subvention ne suffit plus et qu'il est inacceptable que la collecte de déchets industriels soit financée par l'argent des contribuables, la Ministre wallonne de l'Environnement, Mme Tellier, a mis en place un groupe de travail chargé d'élaborer un nouveau scénario pour la collecte et le traitement de ces films.
Ce groupe de travail, auquel participe Denuo, s'est réuni pour la troisième fois la semaine dernière. Les points suivants ont été discutés :
Prévention : Au cours de ce groupe de travail, la prévention a principalement été discutée et dans les détails. Quelles sont les couvertures alternatives "végétales" existantes et dans quelle mesure peuvent-elles remplacer la couverture traditionnelle (plastique) ? Pour ce faire, les résultats des tests réalisés par le CIPF (Centre Indépendant de Promotion Fourragère) en 2018-2020 dans le cadre du projet "SilCoGreen" subventionné par le Gouvernement wallon ont été utilisés. Vous pouvez trouver une analyse ICI :
210601 Baches agricoles_Couvertures végétales de silos_v15_1.pdf
AGRIFILM : Denuo préconise un système de responsabilité élargie des producteurs pour les films agricoles et a été particulièrement intéressée par la présentation du projet AGRIFILM de Recydata. AGRIFILM est un système volontaire de responsabilité élargie des producteurs (REP) mis en place par Recydata en collaboration avec la fédération européenne des fabricants de films agricoles (APE - Agriculture Plastics Europe). Cette fédération représente 95 % de tous les fabricants de films agricoles, leur soutien à un système de REP est donc un atout absolu !L'utilisation de recyclats dans la production de nouveaux films agricoles serait stimulée par une contribution éco-modulée par fabricant. D'ici septembre, Recydata devrait avoir dressé la carte de la situation belge (quantités, prix et destinations actuelles). Dans une prochaine étape, l'ensemble de la chaîne de valeur sera étudié, y compris les membres de la Denuo. L'objectif de Recydata est de pouvoir déployer le système de REP dans toute la Belgique l'année prochaine. La mise en œuvre d'un système de REP nécessite l'accord des différentes Régions belges, mais comme les problèmes de la Flandre sont les mêmes que ceux de la Région wallonne, cela ne devrait pas poser de problème.Vous pouvez trouver la présentation Power Point d'AGRIFILM ici :
Capacité de transformation en Belgique : Des acheteurs potentiels se sont manifestés pour l'ancienne usine Soréplastic à Tenneville en Province du Luxembourg. Cependant, le stock existant d'environ 11 000 tonnes de déchets plastiques agricoles constitue un problème. Une reprise de l'activité de l'usine pourrait être bénéfique pour le secteur de la collecte et du traitement des déchets plastiques agricoles en Belgique. Par ailleurs, le marché belge est trop petit pour faire fonctionner l'usine (+/-10 000 tonnes de films en fin de vie sont collectées chaque année), une importation de déchets de films agricoles des pays voisins et/ou l’acceptation d'autres flux de déchets plastiques seraient nécessaires.
Redistribuer la subvention pour la collecte et le traitement des déchets agricoles plastiques. Comme les coûts de traitement des déchets agricoles plastiques augmentent, les Intercommunales wallonnes sont de moins en moins couvertes par la subvention qu'elles reçoivent. A la demande du secteur agricole, une redistribution de cette subvention est envisagée en tenant compte du nombre d'entreprises agricoles ou horticoles par commune.