Joint Research Centre (JRC) publie un rapport sur la faisabilité économique du recyclage chimique
Le Joint Research Centre (JRC) a publié un rapport sur les technologies de recyclage chimique et analyse la faisabilité économique du recyclage chimique des plastiques dans l'UE — tant la situation actuelle (2025) que les perspectives d'avenir. L'accent est mis sur les deux technologies de traitement les plus pertinentes à l'heure actuelle, à savoir la pyrolyse (liquéfaction thermochimique, pour les polyoléfines et le polystyrène) et la solvolyse (pour les polymères de condensation, en particulier le PET). Le rapport dresse un état des lieux des coûts de production et d'investissement, la maturité technologique et les limites de ces deux voies, et les replace explicitement dans le contexte des objectifs européens en matière de matériaux recyclés issus du PPWR et de la directive sur les plastiques à usage unique (notamment 30 % de PET recyclé dans les bouteilles de boissons et 10 % dans les emballages non sensibles au contact autres que le PET d’ici 2030).
Vous pouvez consulter l'étude ci-dessous ou en ligne via le lien suivant.
Le message clé est qu'à l'heure actuelle, le recyclage chimique dans l'UE n'atteint pas la parité des coûts avec le plastique vierge : les procédés sont structurellement plus coûteux.
La pyrolyse produit un plastique qui est 1,4 à 3,7 fois plus cher que le plastique vierge et affiche de faibles rendements en matière (généralement autour ou en dessous de 50 % — dans les installations intégrées à des raffineries, environ 1/3 de recyclage de matière, 1/3 de récupération de combustible/d’énergie et 1/3 de pertes), ce qui amène les auteurs à le décrire plutôt comme un procédé mixte de recyclage et de récupération d’énergie.
La solvolyse atteint des rendements bien plus élevés (autour de 90 % et au-delà), mais reste, en raison des coûts élevés de l’énergie et des matières premières, 1,5 à 2,7 fois plus chère que le PET vierge. Néanmoins, selon le rapport, le recyclage chimique peut jouer un rôle important pour respecter les obligations légales en matière de recyclage, en particulier pour les applications sensibles au contact.
L’étude prévient toutefois que cette demande n’est pas « garantie » : aucune de ces deux technologies n’a atteint la maturité industrielle du recyclage mécanique, il n’existe pas encore d’installations rentables à grande échelle dans l’UE, et des solutions concurrentes (recyclage mécanique avancé, polymères biosourcés, substitution de matériaux ou conception adaptée des produits) pourraient occuper une partie de ce même marché réglementé.