La Flandre parvient à rendre le gaz plus cher, mais n’arrive pas (encore) à le verdir

11 juillet 2025, Bruxelles – Denuo, la fédération belge du secteur du recyclage et du traitement des déchets, salue certaines orientations importantes dans la mise à jour du Plan flamand Énergie-Climat (VEKP), mais déplore un manque de courage politique sur des points cruciaux.
Une réforme de la taxe sur les déchets qui peut enfin rendre le recyclage plus compétitif
Denuo considère le projet de réforme de la taxe sur les déchets comme un pas dans la bonne direction. Un système transparent avec quelques tarifs de base augmentant progressivement pourrait enfin permettre l’indispensable basculement vers un recyclage structurellement moins coûteux que l’incinération ou la mise en décharge. Le fait que ce principe figure dans la version actualisée du VEKP est positif, même si cela ne représente qu’une réduction de 0,07 mégatonne de CO2 au total. Il reste essentiel que les écarts de prix soient prévisibles et efficaces, et ne soient pas noyés dans une complexité administrative.
Denuo plaide également pour que les revenus de ces taxes soient réinjectées dans le secteur du recyclage et du traitement des déchets. « Ces moyens peuvent être investis dans des installations toujours plus performantes pour récupérer l’énergie, les matériaux et le CO2 », souligne Aarnout Ecker, Directeur général de Denuo.
<p>« Le gouvernement flamand fait preuve de courage en rendant le gaz fossile plus cher via une taxe, mais il échoue (pour l’instant) à verdir le gaz. Alors que nos pays voisins misent pleinement sur le biométhane, la Flandre laisse passer une opportunité claire. »</p>
Aarnout Ecker, Directeur général de Denuo asbl
Récupération du CO₂ des incinérateurs de déchets
Denuo considère que le projet d'explorer la récupération du CO2 (captage et stockage du carbone - CCS) en collaboration avec les exploitants des plus grandes usines d'incinération des déchets flamandes est une étape claire et nécessaire. Même dans une économie circulaire, il y aura toujours des flux de déchets qui ne pourront pas être recyclés ou réutilisés. Pour ces flux résiduels, l’incinération reste indispensable. « Grâce au CCS, ces installations pourront continuer à remplir leur rôle sans impact climatique », ajoute Ecker. « Le secteur restera ainsi un filtre essentiel pour notre société, tout en contribuant à la neutralité climatique. »
Le gaz fossile reste roi dans le réseau gazier flamand
Ce qui manque dans le nouveau plan climat, selon Denuo, c’est l’introduction d’un quota obligatoire de gaz vert dans le réseau existant, une mesure déjà proposée par la fédération. Remplacer 1 % du gaz naturel par du biométhane ne coûterait, selon leur propre analyse, que 5 € par an par ménage flamand, soit une hausse de seulement 0,05 % sur la facture énergétique. Un coût marginal, surtout comparé à l’impact du système ETS2, qui devrait faire grimper la facture de gaz naturel de 30 à 50 %.
« Le gouvernement flamand fait preuve de courage en rendant le gaz fossile plus cher via une taxe, mais il échoue (pour l’instant) à verdir le gaz », dit Ecker. « Alors que nos pays voisins misent pleinement sur le biométhane, la Flandre laisse passer une opportunité claire. »