Le recyclage du PVC fin de vie est-il en danger ?
En 2020, une proposition de la Commission européenne visant à autoriser un certain niveau de plomb dans les recyclats de PVC pendant une période transitoire de 15 ans a été rejetée par le Parlement européen. La Commission avait à l'époque proposé d'autoriser une teneur en plomb de 2% et 1% respectivement dans le PVC rigide et souple, mais les députés européens n'étaient pas satisfaits de cette proposition. Il s'agissait apparemment d'une décision politique plutôt que d'une décision fondée sur des faits concrets, car l'ECHA (Agence Européenne des Produits Chimiques) avait précédemment démontré qu'il n'y avait aucun risque pour la santé humaine et que le recyclage du PVC en fin de vie était de loin préférable, d'un point de vue environnemental, à des options d'élimination telles que la mise en enfouissement ou l'incinération.
Il nous revient que la Commission européenne a commandé une étude à la société de recherche allemande Ramboll sur "l'utilisation du PVC dans le contexte d'un environnement non toxique". Cela va directement à l'encontre de leur intention antérieure de donner un mandat à l'ECHA pour réaliser une analyse du cycle de vie des différentes filières de déchets (recyclage, mise en enfouissement, incinération). Une telle analyse du cycle de vie est à notre avis la manière la plus appropriée d'arriver à une décision scientifiquement fondée. Cette décision de la Commission, qui n'a pas été concertée avec les acteurs concernés, soulève un certain nombre de questions. Que veut l'Europe avec cette étude ? Pourra-t-elle dissiper les inquiétudes du Parlement européen ?
L'étude devrait être achevée d'ici novembre 2021, ce qui laisse penser que la décision d'autoriser ou non le plomb dans les recyclats de PVC sera prise par l'Europe beaucoup plus tôt que prévu. L'objectif de l'étude est décrit comme suit : "identifier les incertitudes concernant la production, la transformation et le traitement du PVC fin de vie " et "examiner les options possibles pour éliminer progressivement le PVC dans certaines applications". Une analyse du cycle de vie des différents flux de déchets ne fait malheureusement pas partie du sujet de recherche.
La semaine dernière, un groupe de discussion a été organisé par Ramboll pour recueillir des informations sur le recyclage mécanique et chimique du PVC.
L'une des conclusions est que le recyclage chimique n'est actuellement pas une option pour le PVC, aucun projet connu ne fonctionnant déjà à l'échelle industrielle.
Tous les participants ont convenu que la collecte du PVC pouvait encore être améliorée. Les plus grandes quantités de déchets de PVC collectées aujourd'hui sont les fenêtres et les profilés (363 Kt). Pour les revêtements de sol en PVC en fin de vie, par exemple, le potentiel de collecte est considérable. Ici, cependant, la présence de plastifiants (DEHP) constitue un obstacle majeur. Ces plastifiants ont déjà été complètement éliminés par les producteurs européens mais, faute de contrôle, des revêtements de sols contenant de tels plastifiants continuent d'entrer en Europe en abondance via les importations asiatiques. Que compte faire l'Europe à ce sujet ?
Les diapositives de la présentation de Ramboll pour le groupe de discussion peuvent être demandées à notre fédération.