Les unités d’épuration thermique aux Pays-Bas nous causent des tracas
Les entreprises néerlandaises d’épuration thermique ont accaparé la quasi-totalité du marché de l’Europe occidentale. Maintenant que des problèmes se font jour chez ces opérateurs, les conséquences se font aussi ressentir en Belgique. L’OVAM nous a transmis un point récent de la situation.
La dernière réunion de l’organisme Landelijke Monitoring (Monitoring national) aux Pays-Bas – à laquelle participait aussi l’OVAM – a permis de faire le point de la situation et de fournir un sommaire des pierres d’achoppement en matière d’épuration thermique de l’asphalte à teneur en goudron. La situation actuelle au sein des quatre entreprises ayant conclu une convention avec la Flandre (l’OVAM et l’AWV) a été résumée :
Theo Pouw à Eemshaven subit les conséquences d’un incendie ayant frappé ses installations en novembre 2017. L’entreprise prévoit un redémarrage en juillet 2019 et une exploitation à plein régime à partir de septembre. Elle détient un stock considérable et n’acquerra donc pratiquement rien avant janvier 2020. Ceci s’applique tant aux terres polluées qu’à l’asphalte à teneur en goudron (les deux matériaux étant transformés conjointement). Theo Pouw propose un service limité à des clients existants, également en ce qui concerne les clients belges.
ATM à Moerdijk connaît actuellement les pires difficultés. À la demande des autorités, l’entreprise est tenue de procéder à des études de son ancien stock, études impliquant un grand nombre d’analyses, une par lot de 2 000 tonnes. ILT finalisera les analyses en juillet 2019. On s’attend à ce que les résultats démontrent que l’entreprise répond aux normes en ce qui concerne ses terres épurées. Celles-ci contiennent une qualité limitée de granulats d’asphalte qui sont épurés en même temps que les terres. En tant que composante d’un groupe plus important (Renewi), l’entreprise dispose dans l’intervalle de sites d’entreposage intermédiaires pratiquement saturés aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Depuis déjà un certain temps, elle connaît en effet des problèmes d’écoulement des terres épurées, ce qui explique le fait qu’elle ait atteint ses capacités d’entreposage. Les possibilités d’écoulement sont limitées aux Pays-Bas. Il n’y aura vraisemblablement plus d’acquisitions de matériaux en 2019. Même après la reprise des activités d’épuration, il s’écoulera un délai certain avant que la capacité d’acceptation ne revienne à son niveau normal. La situation pourra encore s’avérer problématique jusqu’en mi-2020.
Il n’y a aucune interruption des acquisitions chez A. Janssen à Son, Eindhoven. L’entreprise enregistre davantage de demandes et est à la recherche de relations solides. Il s’agit cependant surtout d’entreprises néerlandaises, car les approvisionnements depuis la Flandre étaient et sont toujours limités. Les coûts sont quelque peu plus élevés suite à une partie limitée du transport par route depuis le quai de déchargement situé à environ 10 kilomètres de l’installation. L’entreprise dispose d’une capacité résiduelle. Compte tenu du fait que les granulats d’asphalte sont transformés séparément, les problèmes d’écoulement des terres polluées n’exercent aucune influence sur leurs possibilités d’écoulement.
REKO à Rotterdam dispose d’une capacité de 650 000 tonnes. La transformation se déroule de façon optimale et les possibilités d’écoulement sont excellentes. L’entreprise a cependant atteint sa capacité d’entreposage maximale depuis déjà plusieurs mois et les services d’inspection néerlandais ont attiré son attention sur cette situation. Elle reçoit de nombreuses demandes émanant de la Flandre. Elle les gère cependant avec prudence et s’axe principalement sur les clients existants, également en ce qui concerne la clientèle belge. Le développement de la nouvelle installation se déroule conformément au planning. L’installation devra tourner à pleine capacité à compter de septembre 2020. L’entreprise fait savoir que l’investissement ne constitue nullement une entrave pour la transformation de matériaux à teneur en goudron, mais qu’elle est tenue de respecter sa capacité d’entreposage.
Il ressort des discussions tenues lors de cette réunion que les problèmes de capacité seraient résolus au plus tard d’ici la fin de 2020. Un entreposage temporaire en Flandre et aux Pays-Bas compte parmi les solutions possibles.
Le marché est considérablement perturbé ; même en cas de reprise rapide des unités d’épuration thermique de terres polluées et d’asphalte à teneur en goudron, il faudra s’attendre à des fluctuations en termes de coûts et de prix de transformation. À ce jour, les gestionnaires facturent les coûts supplémentaires pour un éventuel entreposage temporaire de longue durée à leurs clients. Il n’en est cependant tenu aucun compte dans les offres.
Les gestionnaires de sites d’entreposage temporaire pour asphalte à teneur en goudron attirent l’attention sur des problèmes au niveau de leurs quantités d’entreposage maximales autorisées. Il a été convenu avec COPRO – qui certifie ces sites en application du règlement BRS49 – que la gestion des stocks ferait l’objet d’une approche suffisamment souple. Une (légère) adaptation temporaire de l’autorisation environnementale s’avérera nécessaire pour certains sites. L’entreposage complémentaire temporaire de ces déchets dangereux exigera cependant des investissements, compte tenu des conditions sectorielles.
Un questionnement circule parmi les membres de Go4Circle – quelles sont les quantités déjà en attente et de quelle capacité d’entreposage restante dispose-t-on ? – afin de nous permettre d’évaluer correctement la situation en ce qui concerne les terres devant faire l’objet d’une épuration thermique. Nous comptons sur la coopération de chacun d’entre vous.