Recyclage des couches: qui emboîte le pas?
Les couches et le matériel d'incontinence représentent un flux de déchets continu d'un volume conséquent. L'OVAM voudrait que des initiatives voient le jour en Belgique pour le valoriser. C'est pourquoi l'OVAM a invité l'Italien Fater à venir présenter son projet de recyclage des couches.
Les couches et autre matériel hygiénique représentent plus de 11% des déchets résiduels en Flandre. Concrètement, cela signifie que chaque année, ce sont plus de 100 000 tonnes de la fraction hygiénique qui atterrissent dans les déchets résiduels. Et compte tenu du vieillissement de la population, cela ne fera qu'augmenter au cours des prochaines années.
Le VLAREMA impose aux producteurs de langes jetables d'introduire un plan collectif pour le traitement de cette fraction de déchets. Pour respecter cette obligation, l'OVAM a mis sur pied une forme de collaboration de chaine avec des fabricants de langes et autres parties prenantes, parmi lesquelles figure Go4Circle.
Des projets de recyclage des langes ont déjà été lancés par le passé, mais sans succès. Cette fois, l'OVAM cherche de l'inspiration parmi les projets étrangers.
Au mois de juillet, l'ingénieur néerlandais Willem Elsinga a été invité à venir présenter le projet de recyclage des couches qu'il veut mettre sur pied à Nijmegen dans les prochains mois.
En septembre, c'était au tour de l'Italien Fater, où Procter & Gamble détient 50% de participation depuis 1992. Pour l'heure, le projet de Fater est le seul projet européen de recyclage des couches et du matériel d'incontience à opérer déjà à une échelle industrielle. L'usine de recyclage de Fater située à Trévise, dans le nord de l'Italie, a une capacité de 10 000 tonnes par an, ce qui correspond à une population d'un million de personnes.
Ce qui est frappant c'est que Fater, à l'instar d'Elsinga, souligne le fait que de tels projets doivent demeurer à une petite échelle, surtout pour limiter les coûts logistiques d'une collecte séparée des couches. Fater a un avantage considérable: en Italie, la collecte des couches est déjà effectuée séparément des déchets résiduels, dans des conteneurs à déchets séparés ou par le biais du parc à conteneurs. Cette collecte sélective est organisée à l'initiative des autorités. Cela leur permet de faire baisser la fréquence de collecte des déchets résiduels.
La cellulose, les plastiques et les polymères super absorbants (SAP) recyclés que Fater récupère au départ des couches trouvent une nouvelle destination dans une large gamme d'applications différentes allant des bancs d'école et bouchons de bouteilles à toutes sortes de produits en papier et matériaux absorbants.
Fater a brièvement cité quelques différences entre leur processus et le projet de recyclage flamand initité antérieurement (dénommé Knowaste) qui s'était soldé par un échec:
Processus sec pour Fater versus processus humide pour Knowaste
Capacité de traitement limitée pour Fater (10.000 t/an) versus grosse capacité de traitement pour Knowaste (36.000 t/an)
Pas de broyage des langes avant séparation dans l'autoclave chez Fater versus broyage et après seulement séparation chez Knowaste
Autre conseil intéressant prodigué par Fater pour réduire les coûts logistiques de la collecte sélective: certains collecteurs de déchets italiens collectent, lors d'une seule et même tournée, aussi bien les déchets résiduels que les langes, mais séparément. Ils utilisent un seul et même camion, qui est équipé de deux conteneurs différents, un pour les déchets résiduels et un autre plus petit pour les langes.
Fater s'est montré particulièrement intéressé à l'idée de mettre sur pied des collaborations en Belgique avec des collecteurs et recycleurs de déchets. Qui y voit des opportunités et souhaite emboiter le pas?
Pour plus d'informations ou des coordonnées: inge.dewitte@go4circle.be.