RECYTYRE : le temps de se remettre en question

Le groupe de travail Pneus a été établi à l'intention des autorités régionales une nouvelle vision de la gestion des pneus en Belgique. Le fait est que l'organisme RECYTYRE s'enlise depuis plusieurs années dans sa gestion, sans véritable dynamique pour plus de circularité.
Nous restons ainsi convaincus :
Qu'il est urgent de contrôler les filières parallèles de réemploi. Le gisement ramassé est souvent déjà épuré des pneus reemployables. Sans compter que la concurrence asiatique empêche de plus en plus la possibilité d'une circularité : certains considèrent qu'il vaut mieux des matières vierges que des matières circulaires. Triste réalité mais qui n'est pas une fatalité contrairement à ce que certains veulent penser pour mieux se reposer.
Le rechappage n'est pas mort. C'est aussi le fruit de la concurrence asiatique : des produits de mauvaise qualité, pas cher. Nous sommes convaincus que les autorités régionales doivent montrer l'exemple et relancer l'idée du rechappage des pneus "tourisme" ou des camions en déclin. Pourquoi pas le développer pour les véhicules de certains services ? Relancer une filière de proximité. Il y a un fatalisme d'une mondialisation de l'économie par les Régions (OVAM et IBGE) qui n'est pas acceptable. Les objectifs de 10% sont annoncés dans les conventions, mais sans aucun moyen contraignant sont ridicules. Du greenwashing.
Le Recycled content aussi pour les pneus. Un producteur français bien connu lance l'idée de pneus pleins, pourquoi pas avec de la gomme recyclée ? Il faut aussi que les Régions osent bousculer le système, comme ce fut les cas avec nos députés belges dans la Directive Single Use Plastics. A nouveau, un peu de dynamisme et de pro-activité SVP !
D'une manière générale, on soulignera aussi que la coopération avec les opérateurs est devenue inexistante. Plus aucun dialogue n'existe, avec la compassion d'OVAM et de Bruxelles qui ne soutiennent aucune rencontre officielle pour jouer leur rôle de neutralité. La présence des Régions dans les Conseils d'administration doit d'ailleurs été sérieusement remise en cause.
C'est là le creux du problème de plusieurs organismes de gestion : ils ne savent plus qu'ils sont soumis à des lois en matière de protection de l'environnement et à un encadrement légal. On se demande qui est le patron. Il est temps de leur rappeler. Nous espérons que la Wallonie et la Flandre auront aussi le courage de leur dire et que Bruxelles ne se découragera pas.