Rejets atmosphériques des broyeurs : Denuo rencontre la Région Wallonne
C'était sans doute la réunion la plus attendue depuis un an dans ce dossier et après le report du mois de décembre, la Région wallonne et Denuo ont proposé quand même de tenir cette rencontre en présentielle, c'était fondamental de se voir pour ce sujet si délicat.
Pour rappel, dans le cadre de l'établissement de conditions sectorielles pour les broyeurs en Wallonie, cinq approches du dossier ont été définies :
Rejets eaux
Rejets atmosphériques diffus
Rejets atmosphériques canalisés
Caractérisation en entrée des flux
Comité d'accompagnement
Le deuxième dossier, avec les normes imposées par l'AWAC depuis 2018 aux 7 usines du sud du pays, était clairement LE sujet le plus délicat à aborder. Denuo a clairement marqué des points grâce à notre étude commandée au VITO et l'aide de l'analyse d'Incitec (Gérald Gosselin) que nous remercions.
L'AWAC souhaite tenir compte des réalités de terrain pour proposer une (nouvelle) approche
Avec l'étude réalisée par le VITO en 2020 pour le compte de Denuo, l'AWAC disposait d'une contre-expertise à l'établissement des normes très strictes qu'ils ont imposées dans les différents permis. De plus, les premiers résultats des opérateurs qui ont investi dans des techniques d'abattements sont tombés et l'AWAC réflechit à tenir compte de cette réalité. Les constructeurs ont beau promettre monts et merveilles, la réalité des chiffres est là !
Clairement, le VITO et les premiers résultats montrent que certaines normes sont possibles mais que d'autres pas. L'AWAC propose donc de travailler sur une réflexion entre valeur limité d'émission, valeur d'intervention, et développement d'analyses complémentaires pour prendre en compte la médiane des valeurs. On notera ainsi que le fonctionnaire de l'AWAC a reconnu que notre secteur devait traiter des flux très hétérogènes et qu'il était donc difficiles d'avoir une analyse représentative sur laquelle se baser. Copié ce qui se faisait dans d'autres secteurs n'était sans doute pas la solution la plus adéquate.
Le secteur a souligné que sur le terrain, la mise au point de la technique d'abattements (charbon actif notamment) n'était pas évidente et prendrait un certain temps. On fonctionne pas à pas, avec des essais et des erreurs. L'objectif est d'avoir une réflexion wallonne mais poussera à l'établissement de nouvelles normes européennes (MTD).
Un pas dans chaque sens
Bénédicte Heindrichs, Directrice générale de la DG ARNE, a surtout bien insisté sur la bonne volonté du secteur.
Les exploitants qui sont attentistes et donc n'investissent pas n'ont pas raison. Elle n'a jamais reconnu que les normes seront revues, ce qui laisse le secteur dans l'ambivalence mais est le reflet sans aucun doute d'une volonté pour la Région wallonne de d'abord voir la crédibilité du secteur, avant de faire un pas dans notre sens.
Denuo :
organisera une réponse structurée à la présentation de l'AWAC.
continuera à réflechir au biomonotoring du personnel. Une première note a été donnée sur support papier à la DG ARNE pour avis/commentaire (même si ce n'est pas de leur compétence).
mettra en oeuvre une réunion pour affiner les "best practices" concernant les comités d'accompagnement.
Denuo ne fera pas d'interview de la RTBF
Enfin, pour info, le journaliste Emmanuel Morimont (RTBF) mène depuis plusieurs semaines une enquête (souvent "à charge") concernant les rejets atmosphériques des broyeurs dans le but de l'émission Investigation (le mercredi soir). A la fin de ses recherches, il a proposé au secteur une sorte de "droit de réponse".
La ligne éditoriale de l'émission ne nous permettra pas de répondre correctement et d'avoir un débat équilibré donc. Nous en avons discuté avec l'organe d'administration (nouveau nom officiel pour le Conseil d'administration) et pris la décision finalement de ne pas faire d'interview.