Solution recherchée pour les films agricoles wallons.
La collecte et le traitement des films de fin de vie issus de l'agriculture en Wallonie est actuellement très problématique. Cela est principalement dû à l'offre importante de films sur le marché européen depuis que la Chine a fermé ses frontières aux déchets plastiques. En conséquence, les films agricoles, généralement très pollués, sont moins demandés et leur valeur a considérablement diminué.
Comme en Flandre, les communes/associations intercommunales wallonnes organisent plusieurs fois par an des collectes temporaires de films agricoles. Avec l'offre excédentaire de déchets plastiques que nous connaissons actuellement, il est pratiquement impossible pour les municipalités de trouver des transformateurs qui ne demandent pas de frais d’entrée. Par conséquent, ils ne sont pas pris en charge et doivent être subventionnés pour ces activités par le Gouvernement wallon.
Les intercommunales sont responsables de la collecte des déchets ménagers et donc pas de la collecte des films agricoles. De plus, maintenant que les subventions qu'ils reçoivent ne sont plus suffisantes et que la Fédération wallonne de l'Agriculture tire la sonnette d'alarme parce que les agriculteurs risquent d'incinérer leurs films (maintenant qu'ils doivent aussi payer pour leur élimination), il est temps de s'interroger sur l'état actuel des choses.
La Ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier, a mis en place un groupe de travail auquel Denuo participe pour élaborer un nouveau scénario pour le traitement de ce flux de déchets. Ce groupe de travail s'est réuni pour la première fois la semaine dernière.
En 2002, la Région wallonne avait déjà introduit l'obligation pour les producteurs de financer la collecte et le recyclage de leurs films mais cette obligation a été levée en 2010 sous la pression des producteurs. La principale raison invoquée est le coût du recyclage, qui serait supérieur au coût de production.
Notre fédération est fortement en faveur d'une responsabilité élargie des producteurs de films agricoles et l'a encore défendue lors de cette première consultation. Nous avons cité l'exemple de la France, où elle a déjà été introduit en 2001 et fonctionne. La fédération avait auparavant organisé une présentation d'Adiavalor, l'organisme français de gestion chargé de la collecte et du traitement des flux de déchets de l'agriculture en France, au groupe de travail wallon.
Au cours du premier groupe de travail, nous avons également souligné l'importance d'examiner l'application des granulés provenant de ce flux de déchets. Nous savons que pour les films les plus épais (films d'ensilage), un certain nombre de fabricants (étrangers) utilisent déjà 50 % de recyclat, et qu'il est techniquement possible d'augmenter encore ce pourcentage jusqu'à 70 %. Ces recyclats sont déjà utilisés pour la production de tuyaux d'irrigation pour la distribution d'eau et d'engrais et pour la fabrication de sacs.
Alors, intéressons-nous de voir si un contenu recyclé peut aller de pair avec une responsabilité élargie des producteurs. Notre fédération a donc demandé d'inviter à l'avenir les fabricants à rejoindre le groupe de travail afin qu'ils puissent eux aussi réfléchir de manière constructive aux pistes possibles.