Une étude plaide pour un système REP obligatoire pour les plastiques agricoles en Belgique
Recydata a publié, à la demande du Service Public de Wallonie (SPW), une étude approfondie sur l'introduction d'un système de responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les plastiques agricoles en Belgique. La conclusion est claire : la Belgique doit agir maintenant.
La situation actuelle
Chaque année, environ 20 kilotonnes de films agricoles sont mises sur le marché belge, principalement des films d'enrubannage et d’ensilage. Sur ce volume, seuls 37% sont aujourd'hui collectés et recyclés. Les causes sont connues : une organisation fragmentée, des différences régionales entre la Flandre et la Wallonie, et l'absence d'un cadre de financement uniforme. Les coûts sont actuellement supportés en grande partie par les autorités locales et les intercommunales. Ce financement est de plus en plus sous pression.
À cela s'ajoute le fait que le Règlement relatif aux transferts de déchets (WSR), qui entrera en vigueur fin 2026, instaure l'interdiction d'exportation des déchets plastiques non dangereux vers les pays non membres de l'OCDE. Sans système REP robuste, la Belgique risque de perdre de la capacité de traitement.
La recommandation : un système interrégional obligatoire
La recommandation centrale de l'étude est sans équivoque : la Belgique doit opter pour un système REP interrégional obligatoire, avec un déploiement progressif. Un système volontaire n'offre pas de garanties suffisantes : l'expérience internationale montre que le taux de couverture reste limité à 60-70% en raison des passagers clandestins, notamment les producteurs internationaux sans ancrage local.
Un système ancré dans la loi offre, lui, la sécurité nécessaire : une participation totale du marché (100% des producteurs), un financement stable pour les collecteurs et les transformateurs, ainsi qu'une sécurité d'investissement pour les recycleurs via des contrats de capacité réservée.
Le déploiement proposé se fait de manière progressive : la phase 1 démarre avec les films d'enrubannage et d’ensilage (représentant 68% du marché), la phase 2 s'étend aux flux plus complexes tels que les filets, les ficelles et les films de paillage. L'ambition est de faire passer le taux de recyclage de 37% à 47% en 5 ans, avec un minimum de 15% de matière recyclée dans les nouveaux films.
La Belgique n'a pas besoin de réinventer la roue. Une collaboration avec des systèmes existants tels qu'ERDE (Allemagne), Adivalor (France) et IFFPG (Irlande) permettrait de réduire les coûts de démarrage et d'accélérer la mise en œuvre.
L'étude s'adresse à l'ensemble des acteurs : les autorités doivent désormais lancer le processus législatif, les producteurs doivent se préparer à y participer, et les agriculteurs jouent un rôle clé grâce à un tri correct et une remise en temps voulu.
L'étude complète est disponible ci-dessous.